Métiers du BTP · Serrurerie et métallerie

Paie des entreprises de serrurerie et de métallerie du bâtiment

Une entreprise de métallerie fabrique en atelier et pose sur chantier, ce qui la place à la frontière de deux conventions collectives. btp-paies.fr instruit ce rattachement, en tire les conséquences sur la caisse de congés, la classification et la prévoyance, puis tient la paie qui en découle.

Réponse directe

Une entreprise de métallerie relève-t-elle du bâtiment ou de la métallurgie ? Le rattachement suit l'activité principale réellement exercée. Une entreprise qui fabrique des ouvrages métalliques destinés à être posés par ses propres équipes sur des chantiers relève du bâtiment. Une entreprise qui produit en série pour vendre à des tiers relève plutôt de la métallurgie. Le code d'activité attribué par l'institut statistique n'est qu'un indice, et il est fréquemment inexact. L'examen porte sur la réalité des travaux et sur la répartition des effectifs.

Un métier à cheval sur deux champs conventionnels

Le métallier découpe, plie, soude et assemble dans son atelier, puis va poser un garde-corps, une grille, une verrière ou un escalier chez un client. Selon la part que prend chacune de ces deux activités, l'entreprise bascule d'un côté ou de l'autre d'une frontière conventionnelle qui n'a rien de symbolique. Les conventions du bâtiment se déclinent par catégorie, avec des textes distincts pour les ouvriers, pour les employés, techniciens et agents de maîtrise, et pour les cadres, les textes ouvriers eux-mêmes variant selon la taille de l'entreprise. La métallurgie, de son côté, applique désormais un dispositif conventionnel national unifié.

Le choix emporte des conséquences immédiates et durables. Dans le bâtiment, l'entreprise cotise à une caisse de congés payés qui indemnise directement les salariés, ce qui change la trésorerie, le bulletin et la gestion des départs. Elle accède au régime d'indemnisation des arrêts pour intempéries. Elle applique une grille de classification propre et un régime de déplacement organisé par zones. En métallurgie, les congés restent gérés par l'employeur, la classification repose sur une analyse de l'emploi tenu selon plusieurs critères, et le régime de déplacement dépend d'accords différents.

Le sujet devient explosif quand personne ne l'a instruit. Une entreprise qui applique depuis toujours la métallurgie parce que son fondateur venait de l'industrie, alors que son activité est devenue une activité de pose, s'expose à une revendication de rappel : les salariés peuvent réclamer l'application du texte qui aurait dû leur être appliqué, sur les périodes non prescrites, et l'affiliation rétroactive à la caisse de congés du bâtiment se règle rarement à l'amiable. La situation inverse existe aussi, avec des effets tout aussi coûteux.

Enfin, la métallerie cumule les risques des deux mondes. En atelier, le soudage expose aux fumées et impose une surveillance particulière, le meulage projette, la manutention de profilés pèse. Sur chantier, s'ajoutent le travail en hauteur pour la pose des garde-corps, le levage et la coactivité. Le suivi médical, les autorisations et les habilitations doivent donc couvrir les deux environnements, ce que beaucoup d'entreprises oublient pour la partie chantier.

Deux rattachements, deux paies

Le point qui coince : changer de convention en cours de route

Corriger un rattachement erroné n'est pas un simple changement de paramètre. Si l'application antérieure résultait d'un engagement volontaire de l'employeur, elle a pu créer des droits pour les salariés, et son abandon suppose une dénonciation formelle, une information individuelle et collective, puis une période pendant laquelle le texte continue de produire ses effets. Les avantages individuels acquis peuvent devoir être maintenus. Rien de tout cela ne s'improvise entre deux bulletins.

Le volet congés payés est le plus lourd. Rejoindre le régime des caisses du bâtiment suppose une affiliation, la déclaration des salariés et le traitement des droits en cours, sous peine de laisser des compagnons sans indemnisation au moment de partir. Le mouvement inverse suppose une radiation et la reprise en gestion directe des droits acquis. Nous conduisons ces opérations dans un ordre précis, en informant les salariés à chaque étape, parce que la meilleure analyse juridique ne survit pas à un mois de vacances non payées.

  • Analyse de l'activité principale appuyée sur la réalité des travaux et des effectifs
  • Vérification du code d'activité et demande de correction si nécessaire
  • Inventaire des avantages issus de la convention appliquée jusque-là
  • Affiliation ou radiation auprès de la caisse de congés traitée avant la campagne
  • Information écrite des salariés et mise à jour des contrats de travail

Les conventions collectives applicables dans le bâtiment →

Notre intervention sur un dossier de métallerie

FIG.01

Instruction du rattachement

Nous partons de vos marchés, de vos factures et de la répartition réelle des heures entre atelier et chantier pour déterminer le champ applicable. Le résultat vous est remis par écrit, avec les arguments qui le fondent, parce que c'est ce document que vous produirez si la question est posée un jour par un salarié, par un organisme de recouvrement ou par un juge. Lorsque le dossier est réellement mixte, nous vous indiquons les critères qui feront pencher la balance.

FIG.02

Paie et déclarations dans le champ retenu

Une fois le rattachement établi, tout en découle : grille de classification, minima applicables, primes conventionnelles, régime de déplacement, organismes de protection sociale, périodicité des déclarations. Nous produisons les bulletins et les déclarations sociales dans ce cadre, et nous suivons les revalorisations de grille pour vous alerter quand un salarié se retrouve sous le minimum de sa position. Les affiliations aux organismes de retraite complémentaire et de prévoyance sont revues dans le même mouvement, car un rattachement erroné se lit aussi dans ces affiliations et se corrige beaucoup plus difficilement une fois les droits ouverts.

FIG.03

Atelier et chantier dans un même suivi

Nous mettons en place un décompte du temps qui distingue les heures d'atelier des heures de pose, sans les séparer pour le calcul des majorations. Ce découpage sert à justifier les indemnités de déplacement, à suivre le coût réel des chantiers et à programmer les visites médicales adaptées à chaque environnement de travail. Il facilite aussi la démonstration à faire si le rattachement conventionnel venait à être discuté. Le découpage sert enfin à répartir les charges par affaire.

Questions fréquentes : paie en serrurerie et métallerie

Mon code d'activité indique la métallurgie, dois-je appliquer cette convention ?
Non, pas automatiquement. Le code attribué lors de l'immatriculation sert à des fins statistiques et n'a pas de valeur juridique pour déterminer la convention applicable. Il constitue une présomption simple, que la réalité de l'activité peut renverser. Beaucoup d'entreprises de métallerie portent un code industriel hérité de leur création alors qu'elles réalisent l'essentiel de leur chiffre d'affaires en pose sur chantier. La bonne démarche consiste à analyser l'activité, à en tirer les conséquences conventionnelles, puis à demander la correction du code si l'écart est manifeste.
Que se passe-t-il si j'applique la mauvaise convention depuis des années ?
Les salariés peuvent réclamer l'application du texte qui aurait dû leur être appliqué et obtenir les différences correspondantes sur les périodes non prescrites : minima, primes, jours de congés supplémentaires, indemnités de déplacement. S'ajoute, lorsque le bâtiment est concerné, la question de l'affiliation à la caisse de congés payés, qui peut réclamer les cotisations non versées. Le sujet se règle mieux à froid, par une régularisation organisée et expliquée, que sous la contrainte d'un contentieux ouvert par un ancien salarié.
Un même salarié peut-il relever de deux conventions selon les jours ?
Non. La convention collective s'applique à l'entreprise ou à l'établissement, en fonction de son activité principale, et non au salarié en fonction de sa tâche du jour. Un métallier qui soude le lundi et pose le jeudi relève d'un seul texte. En revanche, une entreprise disposant de plusieurs établissements aux activités nettement distinctes peut se voir appliquer des conventions différentes par établissement, à condition que la distinction soit réelle, avec des moyens et une organisation propres à chacun. Une simple séparation comptable ne suffit pas.
Les soudeurs bénéficient-ils d'un suivi médical particulier ?
L'exposition aux fumées de soudage, à certains métaux et aux rayonnements impose une évaluation du risque et, selon les procédés et les matériaux, un suivi individuel renforcé avec examen préalable à l'affectation. L'employeur conserve la trace des postes occupés et des expositions. Sur le plan de la paie, ces éléments alimentent les déclarations relatives aux facteurs de risque et peuvent, des années plus tard, servir à établir le caractère professionnel d'une maladie. Le coût d'une bonne traçabilité est sans commune mesure avec celui d'un dossier de faute inexcusable.
La pose d'un garde-corps en hauteur suppose-t-elle une formation particulière ?
Le travail en hauteur ne fait pas l'objet d'un titre unique, mais l'employeur doit s'assurer que les salariés sont formés aux techniques et aux équipements utilisés, notamment aux systèmes d'arrêt de chute et aux plateformes élévatrices lorsqu'elles sont employées. La conduite d'un engin de levage suppose en outre une autorisation nominative délivrée après formation et avis d'aptitude. Ces éléments se suivent dans le même échéancier que les visites médicales et les fins de contrat, et nous vous alertons avant chaque échéance.

Faisons le point sur votre rattachement conventionnel

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