Absences et arrêts · Contrôle des versements

Contrôle des indemnités journalières et de la prévoyance dans le BTP

Un compagnon arrêté trois mois après une chute de chantier touche des indemnités de la sécurité sociale, un complément de son employeur, puis des prestations de prévoyance. Nous vérifions que chaque somme attendue a bien été versée, déduite une seule fois, et déclarée correctement.

Réponse directe

Pourquoi contrôler les IJSS et la prévoyance ? Parce que trois flux se superposent sur un même arrêt et qu'aucun organisme ne les rapproche à votre place. Une indemnité journalière perçue en subrogation mais jamais déduite du bulletin, ou déduite alors qu'elle n'a jamais été versée, crée un écart qui se découvre des mois plus tard. Le contrôle consiste à rapprocher, arrêt par arrêt, les indemnités attendues, les sommes reçues selon les relevés de paiement et ce qui figure sur les bulletins.

Ce que nous vérifions sur chaque arrêt

Le signalement de l'arrêt

L'arrêt est signalé à l'assurance maladie par la DSN, au moyen d'un signalement d'arrêt de travail qui transmet les salaires nécessaires au calcul des indemnités. Un signalement tardif ou incomplet retarde les paiements ; un signalement oublié lors d'une prolongation, ou une reprise non signalée, fausse les montants. Dans certains cas, une attestation de salaire reste à établir, par exemple pour une rechute ou une situation que la DSN ne couvre pas.

Le calcul des indemnités attendues

L'indemnité journalière maladie vaut 50 % du salaire journalier de base, après 3 jours de carence. Pour les arrêts commencés depuis le 1er avril 2025, le salaire retenu est plafonné à 1,4 fois le SMIC. L'accident du travail et la maladie professionnelle obéissent à d'autres règles, sans carence. Ces paramètres nous permettent d'estimer ce que la caisse doit verser pour chaque arrêt et de repérer un paiement anormal.

Subrogation ou non

Si l'entreprise est subrogée, elle maintient le salaire et encaisse les indemnités. Nous rapprochons alors les bordereaux de paiement des indemnités journalières avec les arrêts déclarés et les montants déduits des bulletins. Si elle ne l'est pas, le salarié perçoit lui-même les indemnités et l'employeur ne verse que le complément : la déduction se fait sur la base d'un montant estimé, à régulariser à réception du relevé, faute de quoi le salarié peut être payé deux fois ou pas du tout pendant quelques semaines.

La garantie de net

Plusieurs textes du BTP prévoient un maintien de la rémunération, parfois exprimé en net. Le salarié en arrêt ne doit percevoir ni moins que ce que garantit le texte, ni davantage que ce qu'il aurait touché en travaillant. Le calcul tient compte des indemnités journalières nettes de CSG et de CRDS, des cotisations sur le complément et, le cas échéant, des prestations de prévoyance.

Maintien de salaire légal et conventionnel

Le Code du travail fixe un plancher : le salarié qui compte un an d'ancienneté a droit à un complément de l'employeur (article L1226-1), à partir du 8e jour en cas de maladie, pour atteindre 90 % de sa rémunération brute pendant 30 jours puis les deux tiers pendant 30 jours, durées allongées avec l'ancienneté. Les conventions du bâtiment et des travaux publics sont plus favorables, avec des règles différentes selon la catégorie.

Ouvriers du bâtiment et des travaux publics

Complément sous condition d'ancienneté de 1 à 3 mois selon l'âge, après un délai de carence de 3 jours en maladie : 100 % du 4e au 48e jour, puis 75 % jusqu'au 90e jour. En accident du travail, pas de carence et un maintien à 100 % jusqu'au 90e jour lorsque l'arrêt dépasse 30 jours.

ETAM du bâtiment et des travaux publics

Maintien de la rémunération à 100 % pendant 90 jours, sous condition d'un an d'ancienneté ou de cinq ans dans des entreprises du BTP pour la maladie, sans condition en cas d'accident du travail. Le compteur s'apprécie par année civile, ce qui demande de suivre les arrêts successifs.

Cadres

Maintien de la rémunération pendant les premiers mois d'arrêt, selon le texte des cadres du bâtiment ou des travaux publics, puis relais de la prévoyance. Chez les cadres des travaux publics, la durée de maintien s'apprécie arrêt par arrêt.

Le détail par convention figure dans nos conventions collectives BTP simplifiées, à télécharger librement.

Le relais de la prévoyance

Au-delà du maintien employeur, le régime de prévoyance de la branche, géré par le groupe PRO BTP, verse des indemnités journalières complémentaires, puis le cas échéant une rente d'invalidité. Le relais suppose que l'arrêt ait été déclaré à l'organisme, avec les pièces demandées, dans les délais du contrat. Les prestations peuvent être versées à l'entreprise, qui les reverse sur le bulletin, ou directement au salarié.

La part des prestations qui correspond au financement patronal du contrat est soumise à cotisations lorsqu'elle est reversée par l'employeur. C'est une source d'erreur fréquente : une indemnité de prévoyance traitée comme une indemnité de la sécurité sociale échappe à tort aux cotisations.

  • Date d'épuisement du maintien calculée dès le premier jour d'arrêt
  • Déclaration de l'arrêt à l'organisme de prévoyance avant la date de relais
  • Prestations reçues rapprochées des montants reversés au salarié
  • Traitement social des prestations selon la part de financement patronal
  • Salarié en arrêt long maintenu dans les effectifs et les déclarations
  • Reprise à temps partiel thérapeutique paramétrée avec les indemnités correspondantes

Les écarts que nous corrigeons

Indemnités reçues mais non déduites

L'entreprise subrogée encaisse les indemnités sur son compte, mais le bulletin continue de verser le salaire complet sans les déduire. Le salarié est payé deux fois, l'entreprise ne s'en aperçoit qu'en rapprochant ses relevés bancaires. La régularisation se fait sur les bulletins suivants, avec un courrier d'explication et, si le montant est important, un échéancier.

Indemnités déduites mais non reçues

Le bulletin déduit des indemnités estimées que la caisse n'a jamais versées, faute de signalement, de pièce ou de droits ouverts. Le salarié perd une partie de son revenu sans le savoir. Nous identifions la cause auprès de la caisse et régularisons dès que le paiement est obtenu, ou reprenons la déduction si l'indemnité n'est pas due.

Prélèvements sociaux et cotisations

Les indemnités journalières de la sécurité sociale supportent la CSG et la CRDS à des taux particuliers, prélevées à la source par la caisse ; elles entrent dans le revenu imposable selon les règles fiscales propres à chaque type d'arrêt. Le complément de l'employeur est un salaire soumis aux cotisations ordinaires. Les indemnités de prévoyance sont soumises aux cotisations à hauteur de la part financée par l'employeur.

Régularisations

Chaque écart constaté donne lieu à une ligne de régularisation identifiée sur le bulletin, reprise dans la DSN, et à une note qui explique au salarié ce qui change. Les régularisations anciennes se chiffrent dans la limite de la prescription.

Comment se déroule le contrôle

Inventaire des arrêts

Liste des arrêts des douze derniers mois, motif, dates, subrogation ou non, signalements déposés, prolongations et reprises.

Rapprochement

Indemnités attendues, indemnités reçues selon les relevés de paiement, montants déduits des bulletins, prestations de prévoyance. Chaque écart est qualifié.

Corrections

Relances auprès de la caisse ou de l'organisme de prévoyance, régularisations en paie et en DSN, information des salariés concernés.

Suivi mensuel

Pour les clients dont nous tenons la paie, ce rapprochement se fait chaque mois, avec un tableau des arrêts en cours et de leur date de bascule vers la prévoyance.

Questions fréquentes

Quelle différence entre subrogation et versement direct au salarié ?
Avec la subrogation, l'employeur maintient le salaire et perçoit à la place du salarié les indemnités journalières de la sécurité sociale, parfois aussi celles de la prévoyance. Sans subrogation, la caisse verse les indemnités au salarié, et l'employeur ne lui paie que le complément. Dans le premier cas, le risque est de maintenir un salaire sans jamais encaisser les indemnités ; dans le second, de déduire des indemnités que le salarié n'a pas encore reçues.
Combien la sécurité sociale verse-t-elle par jour d'arrêt maladie ?
L'indemnité journalière maladie est égale à 50 % du salaire journalier de base, après un délai de carence de 3 jours. Pour les arrêts qui débutent depuis le 1er avril 2025, le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC en vigueur le dernier jour du mois qui précède l'arrêt. Service-public.gouv.fr indique en octobre 2026 un montant maximal de 42,97 € bruts par jour. Les indemnités sont versées tous les 14 jours.
Les indemnités journalières sont-elles soumises à cotisations ?
Les indemnités de la sécurité sociale ne supportent pas les cotisations de sécurité sociale, mais elles sont soumises à la CSG et à la CRDS à des taux particuliers, prélevées par la caisse avant versement. Le complément versé par l'employeur est, lui, un élément de salaire soumis aux cotisations. Les indemnités de prévoyance suivent un régime propre qui dépend de la part de financement patronal du contrat.
Que se passe-t-il quand le maintien conventionnel s'arrête ?
Dans le BTP, le maintien employeur dure en général jusqu'au 90e jour d'arrêt, selon la catégorie et le texte. Le régime de prévoyance de la branche prend ensuite le relais, à condition que l'arrêt lui ait été déclaré dans les délais de son contrat. Nous calculons la date de bascule dès le premier jour pour que le salarié ne se retrouve pas sans revenu.

Des arrêts difficiles à suivre ?

Envoyez-nous la liste de vos arrêts en cours et vos derniers relevés d'indemnités : nous vous indiquons les écarts à traiter en priorité.

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