Conventions collectives BTP · ETAM du bâtiment

Convention collective des ETAM du bâtiment et paie des collaborateurs

Entre le compagnon et le cadre, une catégorie entière regroupe les chefs de chantier, les métreurs, les dessinateurs, les assistantes et les comptables d'entreprise. Cette page explique qui relève de l'IDCC 2609, comment fonctionne la grille par positions, et pourquoi un ETAM affecté au chantier n'a pas le même bulletin qu'un ETAM sédentaire.

Réponse directe

Qui relève de la convention des ETAM du bâtiment ? Les salariés d'une entreprise du bâtiment qui ne sont ni ouvriers ni cadres : employés administratifs, techniciens de bureau d'études, dessinateurs, métreurs, chefs d'équipe et chefs de chantier, agents de maîtrise. Le critère n'est pas le lieu de travail mais la nature de la fonction et le degré d'autonomie. Un même salarié peut passer de la catégorie ouvrier à celle d'ETAM au fil de sa carrière, ce qui change son texte conventionnel.

Une catégorie qui rassemble deux mondes

L'appellation recouvre des situations très éloignées. D'un côté, des personnes qui passent leurs journées au bureau : accueil, facturation, gestion des fournisseurs, suivi administratif des chantiers, appels d'offres. De l'autre, des collaborateurs qui vivent sur les chantiers : chefs d'équipe, chefs de chantier, techniciens de mise au point, préparateurs. Le texte les réunit sous une même convention parce qu'ils partagent une position intermédiaire, mais leur paie ne se ressemble pas.

La distinction la plus lourde de conséquences porte sur les déplacements. Un collaborateur affecté aux chantiers subit les mêmes contraintes qu'un compagnon : il part du dépôt ou de chez lui, se rend sur un site parfois éloigné, prend son repas hors de tout local de restauration. Le régime d'indemnisation des déplacements du secteur lui est ouvert, avec le même découpage territorial que pour les ouvriers. Un ETAM sédentaire, lui, se trouve dans la situation ordinaire d'un salarié qui rejoint son lieu de travail habituel, et ce qui lui est versé au titre du transport relève d'une tout autre logique. Traiter les deux de la même façon produit soit une perte de droits, soit une ligne exonérée à tort qui sautera au premier contrôle.

La deuxième particularité tient au temps de travail. Un ETAM reste, sauf convention individuelle particulière, décompté en heures. Or les collaborateurs de chantier ont des amplitudes qui débordent : ouverture du chantier avant l'équipe, réunion de fin de journée, trajet entre deux sites, réception de livraison. Beaucoup d'entreprises versent une somme forfaitaire censée couvrir ce débordement, sans décompte. C'est exactement le montage qui se défait devant un conseil de prud'hommes, faute de relevé d'horaires.

Vient enfin la question du positionnement dans la grille. La classification des ETAM ne se lit pas par intitulé de poste mais par critères : contenu de l'activité, autonomie laissée, responsabilité exercée sur les hommes ou sur les résultats, formation et expérience mobilisées. Un chef de chantier qui organise seul l'approvisionnement, arbitre les priorités et rend compte de l'avancement ne se situe pas au même niveau qu'un aide-conducteur qui exécute un programme. Les positions les plus élevées ouvrent, sous conditions, un rattachement aux régimes de retraite complémentaire et de prévoyance de l'encadrement, ce qui modifie l'affiliation sans faire du salarié un cadre au sens du contrat.

Les congés payés relèvent d'un régime distinct de celui des ouvriers. En principe, ils ne transitent pas par la caisse professionnelle du secteur mais sont réglés directement par l'entreprise. Le point mérite vérification auprès de la caisse au moment de l'affiliation, parce qu'une entreprise qui déclare par habitude tous ses salariés cotise pour des droits qui ne s'ouvriront pas.

Trois situations qui reviennent dans les dossiers ETAM

FIG.01

Le compagnon promu chef de chantier

La promotion change de convention collective, pas seulement de salaire. Le salarié quitte le texte des ouvriers pour celui des ETAM : préavis différent, régime de congés payés différent, position à déterminer dans une nouvelle grille. Son ancienneté le suit. Il faut aussi vérifier ce qu'il perd et ce qu'il gagne côté déplacements, car un chef de chantier itinérant conserve un régime proche de celui des compagnons, alors qu'un salarié rapatrié au bureau bascule dans un autre monde.

FIG.02

L'assistante qui fait tout

Dans beaucoup d'entreprises, une seule personne assure l'accueil, la facturation, le suivi des heures, la relance des situations de travaux et les dossiers de qualification. Sa classification est presque toujours en retard sur ce qu'elle fait réellement, parce que ses missions se sont ajoutées sans jamais faire l'objet d'un avenant. La reprise du dossier commence par une description honnête de ses tâches, confrontée aux critères de la grille, puis par un positionnement écrit qui sécurise l'entreprise autant que la salariée.

FIG.03

Le technicien de bureau d'études

Métreur, dessinateur, projeteur, chargé d'études de prix : ces fonctions travaillent en amont du chantier et sont parfois oubliées dans le paramétrage, faute de contrainte de chantier apparente. Elles ont pourtant leurs particularités : déplacements ponctuels de relevé sur site, pics d'activité au moment des remises d'offres, heures accumulées en fin de consultation. Le décompte du temps de travail et le traitement des périodes de forte charge doivent être définis avant qu'un litige les révèle.

Collaborateurs de chantier et personnel sédentaire : deux paies dans une seule convention

La frontière ne passe pas entre les métiers mais entre les modes d'exercice. Un ETAM est considéré comme collaborateur de chantier quand son activité s'exerce habituellement sur les sites, avec les sujétions qui vont avec : déplacement quotidien vers un lieu variable, repas pris à l'extérieur, exposition aux aléas du chantier. Cette qualification se constate, elle ne se décide pas par confort de paie.

Pour ces salariés, le régime d'indemnisation des petits déplacements est ouvert, avec le même principe de zones concentriques que pour les compagnons et des barèmes fixés au niveau territorial. Pour les sédentaires, la question devient celle du trajet domicile-travail, de la participation de l'employeur aux abonnements de transport et, le cas échéant, du titre-restaurant. Deux logiques distinctes, deux traitements d'assiette distincts, et un seul texte conventionnel pour les deux. C'est la source d'erreur la plus fréquente sur ces dossiers.

  • Qualification de collaborateur de chantier tranchée par écrit et cohérente avec l'emploi du temps réel
  • Zone applicable déterminée d'après l'implantation de l'entreprise et l'éloignement du chantier
  • Décompte des heures tenu pour les ETAM, y compris ceux qui ouvrent et ferment le chantier
  • Régime de congés payés vérifié auprès de la caisse au moment de l'affiliation
  • Positions supérieures examinées au regard des régimes de retraite et de prévoyance de l'encadrement

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Questions fréquentes : ETAM du bâtiment

Un chef de chantier est-il un ETAM ou un cadre ?
Dans la plupart des entreprises du bâtiment, le chef de chantier relève des ETAM, aux positions hautes de la grille dès lors qu'il encadre du personnel et engage l'organisation du site. Le passage au statut de cadre suppose autre chose : une autonomie de décision réelle, une responsabilité sur des résultats, un niveau de délégation qui dépasse la conduite d'un chantier. Le titre porté sur la carte de visite ne fait pas le statut. Nommer cadre un salarié qui ne l'est pas coûte cher dans les deux sens : cotisations d'affiliation à l'encadrement d'un côté, revendication d'heures supplémentaires impayées de l'autre, puisqu'un faux cadre reste décompté en heures.
Un ETAM du bâtiment a-t-il droit aux paniers de chantier ?
Il y a droit s'il exerce habituellement son activité sur les chantiers, dans les mêmes conditions que les compagnons de l'entreprise. L'indemnité de repas compense l'impossibilité de déjeuner à son domicile ou dans un local de restauration ; elle suppose donc une situation de fait, pas un statut. Un technicien qui se rend sur site une fois par mois pour un relevé ne relève pas du régime des petits déplacements de manière permanente, même si ce déplacement ponctuel doit être indemnisé. Verser un panier tous les mois à un salarié qui travaille au bureau revient à distribuer un complément de salaire exonéré à tort.
Les ETAM peuvent-ils être en forfait annuel en jours ?
Le forfait en jours suppose une autonomie réelle dans l'organisation de l'emploi du temps et un accord collectif qui en fixe les conditions. Il vise en priorité l'encadrement. Certaines catégories d'ETAM très autonomes peuvent y entrer quand l'accord applicable le prévoit expressément, mais le montage est fragile pour un salarié dont l'horaire est en réalité déterminé par l'ouverture du chantier. La solution intermédiaire la plus utilisée reste la convention de forfait en heures sur le mois ou sur l'année, qui intègre un volume d'heures supplémentaires défini, avec une rémunération au moins égale à ce que le décompte de droit commun produirait.
Faut-il un avenant quand un ouvrier devient ETAM ?
Oui, et pas seulement pour la forme. Le changement de catégorie modifie la convention collective applicable, donc le préavis, les règles de rupture, le régime de congés payés et souvent l'affiliation aux organismes de protection sociale. L'avenant doit préciser la nouvelle fonction, la position dans la grille, la rémunération, l'horaire ou la convention de forfait retenue, et le sort des éléments liés au chantier. C'est aussi le moment de reprendre l'ancienneté, qui se conserve intégralement, et de vérifier ce que devient une prime versée jusque-là par habitude.
Nos assistantes relèvent-elles vraiment d'une convention du bâtiment ?
Oui. Le rattachement conventionnel dépend de l'activité de l'entreprise, pas du métier exercé par le salarié. Une comptable employée par une entreprise de gros œuvre relève des ETAM du bâtiment, pas d'une convention des services ou des bureaux d'études. Elle n'aura ni panier de chantier ni indemnité de trajet, puisque ces droits supposent une activité sur site, mais elle bénéficie des clauses générales du texte : classification, préavis, maintien de salaire, congés d'ancienneté. Cette confusion produit chaque année des dossiers entiers paramétrés sous une convention étrangère au secteur.

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