Selon votre profil · Groupement d'employeurs

Paie d'un groupement d'employeurs du bâtiment et des travaux publics

Un groupement d'employeurs embauche pour le compte de ses adhérents et met les salariés à leur disposition selon les besoins des chantiers. Cette page traite des conséquences en paie du temps partagé, de la facturation aux entreprises utilisatrices et de la responsabilité solidaire qui lie les membres.

Réponse directe

Qui est l'employeur des salariés d'un groupement d'employeurs du BTP ? Le groupement lui-même. Il embauche, établit les bulletins, déclare les cotisations et porte les obligations d'employeur, y compris en matière de suivi médical et de formation. Les entreprises adhérentes sont utilisatrices : elles accueillent le salarié sur leurs chantiers, dirigent son travail et versent au groupement une contribution correspondant au temps mis à disposition. Les membres restent solidairement tenus des dettes de salaires et de cotisations, ce qui fait de la rigueur de gestion un sujet collectif.

Le temps partagé change la construction du bulletin

Un salarié de groupement peut travailler chez un adhérent le lundi et le mardi, chez un autre le reste de la semaine, puis changer de rythme le mois suivant selon l'avancement des chantiers. Le contrat de travail est unique, mais l'exécution est éclatée. Cette particularité se retrouve dans chaque ligne du bulletin.

Les indemnités de déplacement se calculent d'après le lieu où le salarié s'est effectivement rendu chaque jour, et non d'après un rattachement théorique. Un même mois peut donc combiner plusieurs zones, avec des barèmes territoriaux différents lorsque les adhérents sont dispersés. Le suivi des affectations quotidiennes n'est pas un raffinement de gestion, c'est la base du calcul.

La convention collective applicable est celle que le groupement applique, déclarée à l'administration du travail lors de sa constitution. Lorsque les adhérents relèvent de textes différents, cette question se tranche à la création et conditionne les classifications, les minima et les régimes de prévoyance. S'y ajoute le principe d'égalité de traitement avec les salariés de l'entreprise utilisatrice pour les conditions d'exécution du travail, ce qui crée des articulations parfois délicates entre deux textes.

Le classement au regard du risque professionnel dépend des activités réellement exercées par les salariés mis à disposition, ce qui suppose là encore de savoir où chacun a travaillé. Un groupement qui envoie des compagnons chez un terrassier et chez un plaquiste n'expose pas ses salariés aux mêmes risques, et cette réalité se traduit dans les cotisations.

Vient enfin la facturation. Le groupement refacture aux adhérents le temps mis à disposition, sur une base qui doit être cohérente avec le coût réellement supporté, puisqu'il ne s'agit pas d'une activité lucrative de fourniture de personnel. La paie alimente donc directement la facturation, et une erreur de décompte se retrouve simultanément sur le bulletin du salarié et sur la facture de l'adhérent.

Ce que nous traitons pour un groupement

FIG.01

Contrat unique, affectations multiples

Le contrat mentionne les conditions de la mise à disposition et les entreprises susceptibles d'accueillir le salarié. Nous tenons le décompte des journées par adhérent, ce qui sert au calcul des indemnités de déplacement, au rattachement au regard du risque professionnel et à la facturation. Les changements d'affectation en cours de mois sont intégrés au fil de l'eau, faute de quoi ils se perdent avant la clôture.

FIG.02

Facturation aux adhérents

À chaque clôture, nous produisons le décompte des heures par entreprise utilisatrice et le coût correspondant, charges et frais professionnels compris. Il fournit la base de la facturation adressée à chaque adhérent et permet de justifier l'absence de bénéfice sur l'opération de mise à disposition, point qui distingue le groupement d'une activité de fourniture de main-d'œuvre.

FIG.03

Obligations d'employeur du groupement

Suivi médical, formation, entretiens professionnels, document unique d'évaluation des risques, équipements individuels : ces obligations pèsent sur le groupement, même si le travail s'exécute chez des tiers. Elles se compliquent du fait de la dispersion des salariés, qui rend chaque convocation difficile à caler entre deux affectations. Nous tenons les échéances individuelles et signalons ce qui doit être organisé, poste par poste et salarié par salarié, avec un délai suffisant pour que l'adhérent concerné puisse libérer la personne.

La responsabilité solidaire, ce qu'elle implique

Les membres d'un groupement d'employeurs sont solidairement responsables des dettes du groupement à l'égard des salariés et des organismes de recouvrement. Un adhérent peut donc se voir réclamer des sommes correspondant à des salariés qu'il n'a jamais employés sur ses chantiers, si le groupement ne peut plus faire face. Cette règle explique la prudence des entreprises invitées à rejoindre une structure existante.

La conséquence pratique est simple : la qualité de la gestion sociale du groupement intéresse chaque adhérent au premier chef. Retards de déclaration, cotisations impayées, contentieux prud'homal mal traité, tout finit par remonter vers les membres. Un groupement qui produit ses paies dans les délais, dont les déclarations sont acceptées et dont les décomptes de mise à disposition sont tenus mois par mois protège ses adhérents autant que lui-même.

  • Décompte des affectations tenu au jour le jour
  • Contrat de travail mentionnant les conditions de mise à disposition
  • Convention applicable déclarée et appliquée de façon homogène
  • Facturation adossée au coût réel du temps mis à disposition
  • Suivi médical et formation organisés par le groupement
  • Situation de cotisations vérifiée à chaque clôture

Indemnités de déplacement et zones territoriales →

Le cycle mensuel d'un groupement

Remontée des affectations

Chaque adhérent transmet les journées de présence des salariés qu'il a accueillis, avec les chantiers concernés. Le format est identique pour tous, sans quoi le rapprochement devient impossible. Cette remontée est le point critique du cycle : elle conditionne le bulletin, la facturation et la justification de l'équilibre financier de l'opération.

Consolidation et contrôles

Nous rapprochons les déclarations des adhérents et le planning du groupement, puis nous signalons les incohérences : journée déclarée par deux entreprises différentes, salarié absent chez l'un sans être présent ailleurs, dépassement d'horaire non signalé, affectation sur un chantier qui ne figure dans aucun planning. Ces écarts se règlent avant l'édition, jamais après, car une correction postérieure oblige à reprendre à la fois le bulletin et la facture de l'adhérent.

Édition et déclarations

Les bulletins sont produits avec les zones de déplacement correspondant aux chantiers réellement fréquentés, puis la déclaration mensuelle est transmise. Les particularités du bâtiment s'appliquent comme dans toute entreprise du secteur, caisse de congés payés comprise, avec la difficulté supplémentaire des affectations multiples. Les salariés reçoivent un bulletin unique, quel que soit le nombre d'adhérents chez lesquels ils sont intervenus dans le mois.

Décomptes de facturation

Le décompte par adhérent est remis au groupement pour établissement des factures. Il détaille les heures, les coûts salariaux correspondants et les frais professionnels engagés. Ce document constitue la trace de l'équilibre entre ce qui est facturé et ce qui est supporté, élément que l'on vous demandera si l'activité du groupement est examinée.

Questions fréquentes : groupement d'employeurs

Un groupement d'employeurs est-il une entreprise de travail temporaire ?
Non, et la différence est de nature juridique, pas seulement sémantique. L'entreprise de travail temporaire exerce une activité commerciale de fourniture de main-d'œuvre, encadrée par un régime propre, avec des motifs de recours limités et des indemnités spécifiques versées aux salariés. Le groupement d'employeurs est constitué par ses membres pour mettre des salariés à leur disposition, sans but lucratif, dans une logique de partage de compétences. Les deux dispositifs répondent à des besoins différents : le renfort ponctuel pour l'un, l'emploi durable partagé pour l'autre.
Comment gérer un salarié envoyé chez deux adhérents le même jour ?
C'est possible mais cela demande de la rigueur. La journée se découpe entre les deux entreprises utilisatrices, avec un décompte horaire précis pour la facturation. Les frais de déplacement suivent les trajets réellement effectués, y compris le déplacement entre les deux sites, qui constitue en principe du temps de travail. Cette configuration est fréquente pour les fonctions administratives partagées et plus rare pour les compagnons, dont les chantiers sont souvent éloignés. Dans tous les cas, le découpage doit être documenté le jour même.
Quelle convention collective s'applique aux salariés du groupement ?
Celle que le groupement applique, déclarée lors de sa constitution. Lorsque les adhérents relèvent de textes différents, le choix se fait à la création et il structure ensuite l'ensemble de la gestion : classifications, minima, régimes de retraite complémentaire et de prévoyance, caisse de congés payés. Un principe d'égalité de traitement joue par ailleurs avec les salariés de l'entreprise utilisatrice pour certaines conditions d'exécution du travail. L'articulation entre les deux logiques demande un examen au cas par cas, en particulier pour les primes liées au chantier.
Le groupement doit-il adhérer à une caisse de congés payés du bâtiment ?
Si son activité et celle de ses membres relèvent du champ des professions du bâtiment ou des travaux publics, l'affiliation à la caisse compétente s'impose, comme pour toute entreprise du secteur. Les congés des salariés sont alors réglés par la caisse sur la base des déclarations transmises. Cette mécanique s'accommode du temps partagé, à condition que les déclarations reflètent correctement les périodes d'emploi. Un groupement dont les adhérents relèvent de secteurs mixtes doit examiner son rattachement dès la constitution, car un changement ultérieur est toujours plus compliqué à traiter.

Parlons du temps partagé de vos salariés

Devis gratuit en moins de 24h · +33 7 82 52 20 32 / +33 6 51 68 20 10 · contact@btp-paies.fr

Demander un devis
AppelerDemander un devis